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Les huiles essentielles… vraiment essentielles ?

Après android et iphone…

Après le PSG et l’OM…

Après les vax et les antivax…

Voici le nouveau sujet qui divise les français : les huiles essentielles !

Essentiel, Huile, Aromathérapie

Entre ceux qui ne jurent que par ces essences aux vertus parfois miraculeuses, et ceux qui tirent la sonnette d’alarme quant à leur supposée dangerosité, le débat fait parfois rage !

Les pro-HE …, les anti-HE …

Et vous ? dans quel camp êtes-vous ?

Les HE c’est troooop coooooolll !

Ces huiles, très différentes des huiles végétales que nous utilisons quotidiennement (comme l’huile de tournesol, l’huile d’olive, etc…), sont dites essentielles, tout simplement parce qu’elles concentrent l’essence de la plante : une sorte d’ultra-concentré de principes actifs. Ce sont donc des huiles, car hydrophobes, c’est-à-dire ne se mélangent pas dans l’eau, et essentielles, car représentent l’essence de la plante.

Ces molécules actives peuvent être à la fois inhalées, passer la barrière cutanée, et être ingérée. Elles sont très bien absorbées par l’organisme, ce qui explique que de toutes petites quantités suffisent pour qu’elles soient actives.

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Et pour finir, ce sont des molécules qui sont biologiquement actives. Elles vont donc avoir un effet sur une fonction de l’organisme. Et il se trouve qu’en plus elles sont extrêmement parfumées.

Les HE c’est le maaaaaaallll!

Ces derniers temps, beaucoup d’interrogations entourent les HE dans la communauté scientifique et notamment au sein des autorités régulatrices. Le fait que ces produits se soient démocratisés et soient de plus en plus utilisés, sans encadrement spécifique, a mis en évidence des effets curieux, voire inquiétants.Résultat de recherche d'images pour "danger huile essentielle"

Par exemple, l’année dernière en France, l’association COSMED a révélé que près de 3000 signalements aux centres antipoison concernaient une HE.

Aux States, des endocrinologues ont rapporté des cas étranges de gynécomasties (gonflement des seins) précoces chez des jeunes garçons, qui ont régressé après l’arrêt de l’utilisation des HE. Sur la base de ces observations, l’Institut national des sciences de la santé environnementale (NIEHS) a entrepris de tester in vitro (dans des éprouvettes contenant des cellules) 8 composés présents dans plusieurs huiles essentielles, notamment les HE de tea tree et de lavande vraie, les principales suspectes de ces poussées mammaires. Et badaboum ! Les résultats présentés au début de cette année, lors d’une conférence mouvementée à Chicago, démontrent une activité hormonale plus ou moins importante de ces composés… Et comme tout ce qui est susceptible de modifier le fonctionnement normal de l’activité hormonale est appelé perturbateur endocrinien… ben certaines HE sont maintenant « suspectées » d’être de potentiels perturbateurs endocriniens…

Pour l’instant on ne parle que de suspicion, parce que vous imaginez bien que des cellules dans un tube, c’est pas tout à fait comme un organisme complexe… et 3 petits garçons, c’est pas tout à fait comme si c’était un échantillon représentatif… Il n’empêche que désormais les oreilles sifflent un peu partout, côté autorités, côté producteurs et côté vendeurs. Des consortiums et des groupements s’organisent, et des choses semblent se mettre en place…. Doucement… mais ça a l’air de se mettre en place… enfin j’ai vu un petit truc bouger… Espérons que ce ne soit pas qu’une hallucination…

(La liste des composés incriminés pour les petits curieux : eucalyptol, 4-terpineol, dipentene/limonene, alpha-terpineol, linalyl acetate, linalool, alpha-terpinene, gamma-terpinene)

Alors finalement que faire ?

Pour vous aider à vous positionner dans ce débat épineux, je vous propose un autre exemple. Et ça passe par un petit quizz, alors sortez les buzzers !

Savez-vous combien de verre d’alcool une femme enceinte est autorisée à boire et à quelle fréquence, sans que ça n’ait d’impact sur son enfant ?

Résultat de recherche d'images pour "enceinte"Beaucoup d’entre vous diront 0, effaré(e)s qu’il puisse y avoir une autre réponse ! Et bien la réponse risque de vous surprendre…. En réalité, on n’en sait rien ! On sait tous que l’alcool fait des ravages sur un fœtus. Mais à partir de quelle dose ? 1 verre tous les jours ? 1 verre par semaine ? Et quel verre ? Quel alcool ? Personne n’en sait rien ! De nombreuses études existent sur le sujet, mais elles sont souvent contradictoires et il n’existe à ce jour aucune méta-analyse qui permettrait d’être définitivement fixé sur la question. Et pourtant, dans ce cas-là ça semble une évidence : appliquer le principe de précaution est la règle à suivre quand il s’agit de santé, et à fortiori encore plus quand il s’agit de la santé de son enfant. Voilà pourquoi les professionnels de santé, et à peu près toutes les personnes censées, recommanderont de ne pas boire d’alcool du tout pendant une grossesse. Pourquoi prendre un tel risque ?

Résultat de recherche d'images pour "danger huile essentielle"Et bien pour les HE, je recommande d’appliquer ce même principe de précaution, en attendant que des études fiables et indépendantes soient menées sur le sujet. En effet, on parle de molécules qui sont de vraies petites saintes-nitouches… elles sont inoffensives en apparence, mais peuvent parfois devenir de véritables p**** roblèmes sans que vous ne vous en rendiez compte… Je dois avouer que les poils me hérissent lorsque je lis que certains parents appliquent de l’HE de lavande sur leur enfant, en préventif, pour éviter les poux… Peut-être bien que c’est sans conséquence, mais peut-être que non… et c’est dangereux à partir de quand ? quand on en met tous les jours ? quand on en met 2 fois par jour ? Quand on en met 1, 2, 5 ou 10 gouttes ? Aujourd’hui les réponses à ces questions n’existent pas encore.

Alors quoi ? au pilori les HE ou pas ?

Ce serait évidemment dommage de se priver de solutions bénéfiques pour la santé, quand elles sont efficaces ! Après tout, tant que ça marche, et que les bénéfices sont supérieurs aux risques, pourquoi pas ?

Et heureusement, la bibliographie regorge d’informations sur les HE, qui ont été acquises de façon empirique, à travers les siècles. Les professionnels savent identifier les situations à risque, ainsi que les doses et les fréquences efficaces pour traiter un souci de santé. Dans tous les cas, je recommande de demander conseil à un aromathérapeute compétent, avant d’utiliser la moindre HE, en n’oubliant surtout pas de préciser ses antécédents médicaux (problèmes hormonaux, problèmes cardiaques,  troubles de la coagulation, troubles neurologiques, diabète, problème hépatique, etc…), même les plus anodins. D’ailleurs c’est un indice : un aromathérapeute qui ne vous demande pas si vous avez des antécédents médicaux est à fuir d’urgence !

MAIS ! et oui, il y a toujours un mais avec les HE… sur certains sujets, les spécialistes eux-mêmes ne sont pas d’accord et il peut parfois y avoir des informations contradictoires… Je parle entre autres choses, de la fameuse fenêtre thérapeutique, concept étrange dont je n’ai pas réussi à déterminer l’origine, qui pour certains doit se faire, pour d’autres non, à raison d’une fois par semaine, ou d’une semaine toutes les 3 semaines, parfois peu importe l’HE utilisée, parfois en fonction de l’HE utilisée, c’est selon… Ou encore de l’usage de certaines HE parfois autorisées, parfois non, chez les enfants ou les femmes enceintes ou allaitantes.

Pour continuer à utiliser ces merveilles de la nature en limitant les risques, je vous propose de suivre ces 5 règles.

 

LES 5 REGLES A SUIVRE

  1. Demandez conseil à quelqu’un de compétent, un aromathérapeute diplômé et qui se tient au courant de l’actualité sur le sujet. Sachez que la majorité des professionnels de santé ne maîtrisent pas du tout le sujet, car soit ce sont des modules optionnels dans leur cursus, soit le sujet est survolé à cause d’un nombre d’heures limité. Mais heureusement, il en existe de très compétents, et ils sont de plus en plus nombreux ! Il faut juste chercher un peu quelqu’un de passionné par le sujet.
  2. Ne jamais choisir une HE au hasard juste pour son parfum. Vous l’aurez compris, leur utilité première c’est de soigner. Donc évitez systématiquement les recettes qui vous recommandent un nombre de gouttes hasardeux d’une HE de votre choix pour parfumer. C’est prendre un grand risque simplement pour un parfum. C’est aussi aberrant que de prendre un comprimé de paracétamol pour saler votre bolognaise. Pour parfumer, préférez les fragrances naturelles composées des fractions d’HE (moins risqué), ou encore mieux les extraits aromatiques (le choix est certes limité mais c’est totalement inoffensif), en vérifiant bien à chaque fois s’ils sont adaptés pour l’usage que vous voulez en faire.
  3. On évite d’utiliser une HE pure directement sur la peau. En effet, la toxicité la plus fréquemment rapportée, c’est la dermotoxicité. Diluez donc l’HE dans une huile végétale, ou à l’aide d’un dispersant.
  4. Jamais d’automédication chez les femmes enceintes ou allaitantes, et chez les enfants ! Les informations qui circulent sur internet ne sont pas fiables, et c’est un travail de titan de recouper les informations, de relever les contradictions et de vérifier les sources. A moins que vous n’ayez vous-même un diplôme d’aromathérapeute, il vaut mieux éviter de s’auto-médiquer et s’en remettre à un professionnel compétent.
  5. Vérifiez qu’il n’existe pas d’autres solutions naturelles et de danger moindre pour traiter votre souci. La plupart du temps, les huiles essentielles ne sont pas du tout essentielles, et leur bénéfice peut être apporté sans danger par un autre moyen (hydrolats, modification d’une routine cosmétique, phytothérapie, etc…). 9 fois sur 10 (et encore…), je constate que l’usage des HE n’est pas du tout justifié, et que des solutions plus simples, moins dangereuses et moins coûteuses à la fois pour le porte-monnaie et pour l’environnement, existent.

Si vous avez le sentiment d’être encore plus perdu(e)s suite à la lecture de cet article, je vous rassure, c’est normal, et je dirais même, plutôt sain ! Mais à partir de maintenant, c’est à vous de tenter de vous positionner dans tout ce gloubi-boulga que sont les HE, en votre âme et conscience, car après tout, chacun est libre de juger seul de ce qui est bon pour sa santé ou non, et de s’y exposer ou non.

N’oublions simplement pas que notre santé est quand même la plus essentielle

4 réflexions au sujet de “Les huiles essentielles… vraiment essentielles ?”

  1. paracétamol pour saler la bolo, j’adore!!
    les infos contradictoires des experts ont tendance à m’exaspérer car çà à mon sens anti scientifique. Quand les experts se mettront autour d’une table, partageront leurs données pour nous sortir des données fiables.
    En tant que pro de santé formée, les infos, c’est le souk! 3 formations suivies, 3 approches différentes et énormément différentes!
    Après la phyto, faut faire gaffe aussi (je parle côté thérapeutique, pas cosméto 😉 )

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    1. Totalement d’accord avec toi! Rien que cette semaine, il y a eu l’histoire de cet homme aux Etats-Unis je crois qui doit subir une greffe de foie après avoir ingéré des compléments alimentaires à base de thé vert.
      Ou encore le soja suspecté lui aussi d’être perturbateur endocrinien.
      Juste hier sur Facebook, une jeune fille racontait qu’elle avait eu un énorme kyste suite à l’utilisation d’un déodorant avec de l’huile essentielle de Palmarosa.
      Ou encore les nombreux cas de dermotoxicité à cause de la canelle…
      Bref… comme dirait l’autre « C’est la dose qui fait le poison »… encore faut-il déterminer cette dose… Et là, comme tu l’as dit, encore faut-il que les concernés aient les moyens, mais surtout l’envie de le faire…
      Après comme tout dans la vie, je pense que tout est question d’équilibre aussi.

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  2. Merci pour ce super article !
    Formée en aroma, il y a un truc qui me fait rager : j’ai vu que maintenant dans les magazine programme TV que les gens ont chez eux il y a une page avec un article dans chaque numéro qui donne des « conseils » en HE. Souvent la quantité et les précautions ne sont même pas indiquées, visiblement la journaliste n’y connaît RIEN et j’ai déjà vu des conseils dangereux. Et le pire c’est qu’une aromathérapeute semble cautionner ça puisque l’article est toujours accompagné d’un encadré avec un autre conseil donné par une « pro ».
    Entre ça et tout ce qu’on trouve sur le net, comment s’étonner des abus ? 😦

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    1. Oui, c’est pire que rageant, c’est franchement inquiétant… je reçois beaucoup de témoignages de femmes surtout qui ont développé des kystes ovariens, ou bien au niveau axillaire, suite à l’utilisation d’HE (notamment la palmarosa utilisée souvent dans les déos, pure ou mélangée)…
      Personnellement je préfère appliquer le principe de précaution… Le huiles essentielles sont loin d’être essentielles.

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